Historique |
1970-2000 : 30 ANS DE RECHERCHE DERMATOLOGIQUE EN FRANCE
La Société de Recherche Dermatologique (SRD) a été créée sous forme d’une Association type loi de juillet 1901, le 12 octobre 1982 par dépôt du dossier à la Préfecture du Rhône à Lyon. Cette création était le fruit du développement de la recherche dermatologique francophone depuis 1970.
Dès 1971, l’effort de structuration avait été entrepris par Jean Hewitt par la création des Séances de " Dermatologie Biologique " à l’Hôpital Saint-Louis à Paris à la suite des séances mensuelles de la Société Française de Dermatologie. Jean Thivolet organisera à Lyon en 1979 les premières " Journées Nationales de Recherche Dermatologique ", qui se tiendront ensuite à Paris en 1980 (René Touraine et Jean Revuz), à Besançon en 1981 (Pierre Agache et René Laurent) et à Toulouse en 1982
(André Dupré, Jacques Bazex et Jean-Louis Bonafé).
L’année 1982 sera décisive. De retour du Japon courant juin, Jean Thivolet suggère de préparer les statuts d’une Société de Recherche Dermatologique. Entre juin et juillet, des statuts seront élaborés sur le modèle de ceux de l’ESDR (European Society for Dermatological Research) et du SCUR (Society for Cutaneous Ultrastructure Research).
Les idées-forces étaient les suivantes : créer une société francophone, supranationale, ouverte à tous les chercheurs sans distinction de formation universitaire (en particulier pour les non-médecins) et pluridisciplinaire. La lettre d’information, envoyée en juillet 1982 aux principaux acteurs de la dermatologie, précisait ce point délicat : " Pour nous, la SRD représente une interface entre des personnes d’origines universitaires variées et s’intéressant au même sujet : le revêtement cutané. Cette Société doit être fondée sur l’ouverture, le dialogue, la confiance et la coopération. De la réussite de cette entreprise dépendra notre crédibilité nationale et internationale. Dans cette perspective, la personnalité et l’enthousiasme de chacun comptent autant que son origine universitaire ".
Un premier bureau provisoire était constitué au cours de l’été 1982. Il comprenait statutairement
8 membres (dont au moins 3 non-médecins) dont un président, un secrétaire et un trésorier. Le premier Bureau de la SRD avait la composition suivante : Alain Claudy (président) (Lyon), Daniel Schmitt (secrétaire) (Lyon), Jean-Paul Ortonne (trésorier) (Lyon), Louis Dubertret (Paris), Jean-Jacques Guilhou (Montpellier), Yannik Jacques (Nice), Gérard Orth (Paris), Jean-Louis Bonafé (officiers) (Toulouse). Dès le 9 août, les statuts et le bureau provisoire sont diffusés à 128 personnes en France, en Belgique, en Suisse. Une assemblée générale constitutive est organisée le 30 septembre au cours des Journées Nationales de Recherche Dermatologique à Toulouse. Cette assemblée générale, tenue à la Faculté de Pharmacie à Rangueil sera le lieu d’expression des enthousiasmes mais aussi des craintes de voir naître une Société indépendante de la Société Française de Dermatologie.
A la majorité des présents (plus d’une centaine), la Société est créée et son bureau élu. La publication de ses statuts au Journal Officiel du 29 octobre 1982 mentionne la création de l’Association type loi du 1er juillet 1901 pour la date du 12 octobre. Son siège social est la clinique dermatologique de l’Hôpital Edouard-Herriot, Pavillon R, à Lyon. La SRD compte 167 membres dès décembre 1983. Au terme d’une première année, la SRD compte 69 % de médecins et 31 % de non-médecins. La réunion annuelle de recherche dermatologique qu’elle organise portera statutairement le nom de Congrès Annuel de Recherche Dermatologique (CARD). Il sera organisé, chaque année, dans une ville différente. Le secrétaire prend la charge de la publication d’un bulletin " la Lettre Recherche Dermatologique " diffusant les informations sur la vie de cette nouvelle société savante, ses adhérents, mais aussi sur la recherche dermatologique francophone en général. Elle est créée par D. Schmitt, comme secrétaire de la SRD qui publia les premiers numéros. De trois numéros annuels au début, la " Lettre " est aujourd’hui publiée une à deux fois par an sous la responsabilité du secrétaire de la SRD. La première lettre est publiée en octobre 1982. Elle commence par ces mots : " une nouvelle société vient de naître " (Alain Claudy) et se termine par : " il est tout à fait naturel que toute information sérieuse déclenche des réflexions, voire des polémiques : c’est là l’essence même de la démocratie " (Philippe Lazar) (Directeur Général de l’INSERM) (Paris). Le ton général de la vie de la SRD était donné. Il est le même aujourd’hui.
A partir de 1983, les réunions du Bureau de la SRD ont lieu au Musée des Moulages de l’Hôpital Saint Louis et trois " Lettres Recherche dermatologiques " seront publiées en janvier, juin et novembre 1983. 27 numéros paraîtront jusqu’en 1999.
Le Congrès Annuel de Recherche Dermatologique sera ainsi successivement organisé à Montpellier en 1983 (Jean-Jacques Guilhou), à Nice en 1984 (Jean-Paul Ortonne), à Bruxelles en 1985 (Dominique Van Neste, Jean-Marie Lachapelle), à Nantes en 1986 (Jean-François Stadler), à Bordeaux en 1987 (Claire Beylot et Marie-Sylvie Doutre), à Grenoble en 1988 (Pierre Amblard, Jean-Claude Béani), à Reims en 1989 (Bernard Kalis), à Lausanne (Suisse) en 1999 (Edgar Frenk), à Marseille en 1991 (Jean-Jacques Bonerandi), à Limoges en 1992 (Jean-Marie Bonnetblanc, Philippe Bernard), à Nîmes en 1993 (Bernard Guillot), à Lyon en 1994 (Marie-Jeanne Staquet, Colette Dezutter-Dambuyant), à Clermont-Ferrand en 1995 (Pierre Souteyrand), à Toulouse en 1996 (Guy Serre), à Tours en 1997 (Loïc Vaillant), à Paris en 1998 (Martine Bagot). En 1999, le CARD n’est pas spécifiquement organisé compte tenu de l’accueil, pour la première fois en France, du Congrès Annuel de l’ESDR à Montpellier (Jean-Jacques Guilhou, Nicole Basset-Seguin). Ensuite, le CARD a été accueilli à Lyon pour la deuxième fois (à cette occasion, D. Schmitt propose, en hommage au professeur Jean Thivolet, la création d'une " Conférence Jean Thivolet ), puis à Bruxelles (Pr. M. Heenen) en 2001, à Strasbourg (Pr. B. Cribier) en 2002 et à Rouen (Pr. P. Joly) en 2003. Le CARD s’est ensuite tenu à Nice (Dr D. Aberdam) en 2004 et à Brest (Pr L. Misery) en 2005. En 2006, le CARD n’a pas été organisé en raison de la tenue du congrès annuel de l’ESDR à Paris (Pr M. Bagot). En 2007, le CARD s’est déroulé à Lyon (Dr M. Haftek) sous la présidence d’honneur de Daniel Schmitt.
En juin 1996, la SRD comptait 238 membres. Depuis bientôt 10 ans, la SRD attribue des bourses permettant à de jeunes chercheurs la présentation de leurs travaux en Europe à l’ESDR. Depuis 1999, la SRD finance également des projets de recherche, grâce à l’aide des partenaires industriels.
Tous les présidents de la SRD furent des dermatologues hospitalo-universitaires sauf en 2005 et les secrétaires furent chercheurs statutaires (tableau I).
Tableau I : liste des Présidents et Secrétaires successifs de la SRD
1982, Alain CLAUDY et Daniel SCHMITT
1983, Jean-Jacques GUILHOU et Daniel SCHMITT
1984, Dominique VAN NESTE et Jacqueline VIAC
1985, Jean-Paul ORTONNEet Jacqueline VIAC
1986, Dominique VAN NESTE et Jacqueline VIAC
1987, Jean-François STADLER et Liliane DIDIERJEAN
1988, Januz CZERNIELEWSKI et Liliane DIDIERJEAN
1989, Marie-Sylvie DOUTRE et Marie-Jeanne STAQUET
1990-1991, Bernard GUILLOT et Marie-Jeanne STAQUET
1992-1993, Philippe BERNARD et Colette DEZUTTER-DAMBUYANT
1994-1995, Alain TAIEB et Colette DEZUTTER-DAMBUYANT
1996-1997, Martine BAGOT et Patrick VERRANDO
1998-1999, Nicole BASSET-SEGUIN et Marek HAFTEK
1999-2001, Pascal JOLY et Marek HAFTEK
2001-2003, Hervé BACHELEZ et Michel SIMON
2003-2005, Jean-Pierre MOLES et Marina GUERRIN-WEBER
2006-2007 Frédéric CAUX et Marina GUERRIN-WEBER
2007-2008 Frédéric CAUX et Nathalie JONCA
Aujourd’hui, la SRD constate une stabilité du nombre de ses adhérents. Un des problèmes demeure la modeste participation des cliniciens aux réunions du CARD. En effet, l’idée même de création d’une Société de Recherche Dermatologique indépendante de la Société Française de Dermatologie (SFD) fut d’emblée rejetée par de nombreux cliniciens, chefs de services hospitalo-universitaires, qui ne toléraient que la mise en place d’une " annexe " de la SFD et dans laquelle les chercheurs " n’exerçant pas la profession médicale " ne devaient en rien exercer un quelconque pouvoir. Ceci limita depuis le début la participation des cliniciens. La tenue de congrès conjoints comme en 1995 (CARD et Journées de Photodermatologie) ou en 1998 (CARD et Journées Dermatologiques de Paris) tentent de lever ce frein. Chaque année, environ 80 communications orales ou affichées sont présentées dans le cadre du CARD, la plupart du temps par de jeunes chercheurs qui trouvent là une première expérience.