Définitions et directives techniques de l'OMS
pour la prise en charge des cas de lèpre
dans le cadre de
la stratégie d'élimination de la lèpre
Les
activités d’élimination de la lèpre sont
en cours dans tous les pays de la Région africaine. L’Alliance
Mondiale pour l’élimination de la lèpre (GAEL) a
proposé une stratégie mondiale pour l’intensification
des activités. Les pays les plus endémiques de la
Région africaine ont adopté un plan pour la mise en
œuvre de cette stratégie.
L’OMS
a mis à la disposition des pays les documents techniques
pouvant aider tous les pays dans l’organisation correcte des
programmes d’élimination de la lèpre. Parmi ces
documents, signalons le guide simplifié pour l’élimination
de la lèpre en tant que problème de santé
publique qui constitue un document très utile à la
portée de tous les niveaux.
Au cours
de ces dernières années, les exercices de monitorage et
de mise à jour des registres lèpre ont permis de mettre
en évidence les difficultés dans la compréhension
de certaines notions et l’insuffisance des directives pour la
conduite à tenir face à certaines situations. La
présente fiche fournit les définitions de base aux
programmes nationaux et précise aux acteurs du terrain les
directives techniques pour la prise en charge des cas.
Cas de lèpre : personne présentant des signes cliniques de la lèpre, avec ou sans confirmation bactériologique du diagnostic et qui nécessite un traitement (polychimiothérapie). (réf. : guide la lutte antilépreuse de l’OMS, 1988). Les signes cliniques de la lèpre sont :
Lésions cutanées hypopigmentées ou rougeâtres accompagnées d’un déficit sensoriel net
Atteinte des nerfs périphériques, se traduisant par un déficit sensoriel et moteur des mains, des pieds ou de la face
Nouveaux cas de lèpre : un nouveau cas de lèpre est un cas de lèpre diagnostiqué au cours de l’année en cours et qui n’a jamais été traité ni par la monothérapie à la dapsone ni par la polychimiothérapie (PCT).
Nouveaux cas de lèpre mutilé : nouveaux cas de lèpre avec une infirmité de degré 2 dans l’échelle de l’OMS (lésion visible aux mains et aux pieds, lagophtamie ou baisse de vision aux yeux)
Ancien cas de lèpre : cas de lèpre diagnostiqué au cours des années antérieures et qui n’a pas bénéficié d’un traitement PCT complet.
Dépistage passif : les cas suspects arrivent dans les services de santé et y sont examinés en vue de la confirmation du diagnostic de lèpre. Ce mode de dépistage qui a cours dans les centres de santé est appelé dépistage passif. Il est le plus pratiqué et assure la pérennisation et la qualité des activités de diagnostic dans les programmes de lutte contre la lèpre.
Dépistage actif : les cas suspects de lèpre sont regroupés et examinés pour le diagnostic de lèpre dans un village ou un lieu quelconque en dehors des services de santé, lors du déplacement de l’agent de santé dans la localité. Cette approche communément appelée, stratégie avancée, est recommandée dans les villages au cours des journées de mobilisation sociale en faveur de la lèpre. Elle doit être renforcée par une PCT souple ou accompagnée et par un programme de re-visite du village et des malades selon la disponibilité de l’agent, dans la période de 3 à 12 mois après le dépistage actif.
Détection : nombre de nouveaux cas de lèpre dépistés au cours d’une année donnée. Le taux de détection est le nombre de nouveaux cas de lèpre de l’année rapporté à la population et exprimé pour 100.000 habitants.
Lèpre paucibacillaire (PB) : cas de lèpre ayant une (1) à cinq (5) taches cutanées.
Lèpre multibacillaire (MB) : cas de lèpre ayant plus de cinq (5) taches cutanées avec ou sans bacilloscopie positive.
Lèpre à lésion unique : cas de lèpre n’ayant qu’une seule tache cutanée. Elle est traitée comme une lèpre PB.
Polychimiothérapie PB (PCT/PB): c’est le traitement établi pour les cas de lèpre paucibacillaires. Elle comprend six (6) plaquettes de médicaments (PCT/PB) comportant de la rifampicine en prise mensuelle et de la dapsone en prise quotidienne.
Polychimiothérapie MB (PCT/MB): c’est le traitement établi pour les cas de lèpre multibacillaires. Elle comprend douze (12) plaquettes de médicaments (PCT/MB) comportant de la rifampicine et de la clofazimine en prise mensuelle et de la dapsone et de la clofazimine en prise quotidienne.
PCT supervisée : la prise mensuelle de rifampicine pour les malades paucibacillaires et de rifampicine et clofazimine pour les cas multibacillaires est faite sous la supervision d’un agent de santé. Elle était recommandée à l’introduction de la PCT dans les années 1980.
PCT souple : stratégie de traitement où le malade reçoit lors de la visite au centre de santé des plaquettes de PCT pour plusieurs mois de traitement, compte-tenu de l’éloignement et/ou de l’enclavement de son lieu de résidence.
PCT Accompagnée : stratégie de traitement d’un cas de lèpre qui consiste à responsabiliser le malade et à lui remettre tout le lot de médicaments devant permettre de le guérir (6 plaquettes PB ou 12 plaquettes MB). Des conseils pour la régularité du traitement, la conduite à tenir en cas de réaction lépreuse ou de complication sont prodigués au malade. Un système d’accompagnement est organisé avec des membres de la famille et/ou de la communauté. Le malade est instruit pour revenir pour un examen clinique à la fin du traitement. Le malade en PCTA est libre de revenir au centre de santé autant de fois qu’il le souhaite et chaque fois qu’il en éprouve le besoin. La PCT accompagnée est très adaptée pour les malades éloignés et enclavés.
Traitement en centre fixe : les plaquettes de PCT sont disponibles au centre de santé et les malades en traitement viennent y recevoir leur traitement chaque mois ou selon un rythme approprié en fonction de leur disponibilité et des facilités d’accès qu’ils ont.
Traitement en stratégie avancée : L’agent chargé du traitement lèpre se déplace chaque mois ou selon une périodicité établie pour remettre les plaquettes de PCT aux malades dans leurs villages ou dans un lieu de regroupement défini. Cette stratégie facilite le traitement des malades qui ne peuvent pas se déplacer et permet l’examen des personnes en contact avec le malade.
Prévalence : Nombre de cas de lèpre en traitement à la fin de l’année (31 décembre). Le taux de prévalence est le nombre de cas enregistrés en fin d’année rapporté à la population. Il est exprimé pour 10.000 habitants. Le taux de prévalence est l’indicateur de l’élimination de la lèpre. Lorsqu’il est inférieur à 1 cas pour 10.000 habitants, on dit que la lèpre est éliminée c’est à dire que le nombre de cas est si réduit que la maladie ne constitue plus un problème de santé publique.
Régularité du traitement : un cas de lèpre est régulier au traitement PCT lorsqu’il a pris au moins les deux tiers du nombre total des plaquettes qu’il devrait prendre au cours d’une période de traitement donnée. Le rapport du nombre de plaquettes prises sur le nombre de mois écoulés depuis le début du traitement doit être supérieur à 0,66.
Adéquation du traitement : le traitement PCT est dit adéquat pour le malade PB si celui-ci prend les 6 plaquettes de PCT/PB en une période ne dépassant pas 9 mois et pour le malade MB, s’il prend les 12 plaquettes de PCT/MB en une période ne dépassant pas 18 mois. Un bon remplissage des cahiers de traitement, des registres des malades et des carnets de traitement facilite l’appréciation de cet indicateur.
Perdu de vue : Un cas de lèpre qui reçoit son traitement chaque mois ou selon une périodicité qui lui est propre, est dit perdu de vue ou disparu lorsqu’il n’a pas reçu son traitement PCT pendant douze (12) mois consécutifs. Après cette période de 12 mois, Il est rayé du registre de la lèpre et n’est plus compté parmi les cas de lèpre. Lorsqu’un perdu de vue est retrouvé, il doit faire l’objet d’un examen clinique à la recherche de lésions actives. S’il y a des lésions actives, le malade bénéficiera d’un nouveau cycle complet de traitement PCT /PB ou MB en fonction du nombre de taches cutanées.
Guérison : tout cas de lèpre PB qui a reçu 6 plaquettes de PCT/PB ou tout cas de lèpre MB qui a reçu 12 plaquettes de PCT/MB sans interruption consécutive de 12 mois est déclaré guéri. La notion de guérison dans la lèpre est liée au traitement complet et non à l’état clinique du malade. Tout malade guéri doit être rayé du registre des malades car il ne constitue plus un cas de lèpre. S’il présente des complications liées à son infection lépreuse, il sera orienté vers les services de prise en charge des infirmités.
Rechute : tout cas de lèpre présentant une nouvelle lésion cutanée de lèpre (tache ou nodule) après avoir fini un traitement PCT complet (PB ou MB) peut être considéré comme un cas de rechute. Il est important de ne pas confondre les réactions qui peuvent survenir après le traitement avec les rechutes. Les cas de rechutes doivent être considérés comme des reprises en traitement et non des nouveaux cas de lèpre. Les rechutes bénéficient du même traitement PCT (PB ou MB). Il est souhaité que l’agent de santé informe les responsables du programme sur les cas de rechute pour de plus profondes investigations.
Re-admission au traitement : Est re-admis au traitement tout cas de lèpre en rechute ou de malade perdu de vue et retrouvé avec des lésions actives.
Transféré : tout malade déjà enregistré dans un district et qui arrive pour la poursuite de son traitement dans un autre district est un transféré. Il sera enregistré comme un re-admis dans le centre où il arrive et déclaré sorti dans le centre d’où il vient. Il est souhaitable que les agents de santé remettent aux malades qui changent de centre de traitement, une note d’information pour mettre l’agent du centre d’accueil au courant des traitements reçus lorsque le malade n’a pas de carte de traitement.
Autres cas admis au registre : Cette information est souvent demandée dans les rapports mensuels ou trimestriels. Elle regroupe tous les malades re-admis ou repris en traitement dans la période du rapport :rechute, perdu de vue retrouvé, transféré.
Autres cas sortis du registre : cette information est souvent demandée dans certains rapports statistiques. Elle regroupe tous les cas de malades décédés, déclarés perdus de vue, les transférés dans un autre centre de traitement ainsi que les erreurs de diagnostic constatées par l’agent de santé ou par son superviseur.
Rapport prévalence détection : c’est la division du nombre de cas de lèpre en traitement à la fin de l’année par le nombre total des nouveaux cas de lèpre de la même année. Lorsque la prise en charge et le suivi des cas de lèpre sont corrects, ce rapport doit être inférieur ou égal à 1.
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Abréviations utilisées
| GAEL : | Alliance Mondiale pour l'élimination de la lèpre, scellée à Abidjan en novembre 1999 lors de la 3è Conférence Internationale sur l'Elimination de la Lèpre. |
| MB : | Multibacillaire |
| OMS : | Organisation Mondiale de la Santé |
| PB : | Paucibacillaire |
| PCT : | Polychimiothérapie |
| PCTA : | Polychimiothérapie accompagnée |
| PCT/MB : | Polychimiothérapie pour les cas de lèpre multibacillaires |
| PCT/PB : | Polychimiothérapie pour les cas de lèpre paucibacillaires |
| RPD : | Rapport prévalence détection |