Association des Léprologues de Langue Française

Editorial

Chers Lecteurs,

En tant que tout nouveau rédacteur en chef du Bulletin de l’Association des Léprologues de Langue Française, je ne suis pas sans mesurer l’ampleur du challenge qui se présente à la nouvelle équipe rédactionnelle et qui consistera essentiellement, dans mon entendement, à maintenir le niveau de qualité et d’intérêt de cette revue - laquelle reste aujourd’hui, rappelons-le, la seule revue de langue française dédiée à la lèpre (ainsi qu’à son corollaire qu’est devenu l’ulcère de Buruli).

Dans la continuité du travail considérable réalisé par le véritable « père fondateur » et subséquemment cheville ouvrière de la revue depuis 1997, Pierre Bobin (qui continuera pour notre plus grand bonheur à faire partie du Comité de rédaction), nous avons tenté de maintenir l’éclectisme convivial (et, je crois, très apprécié) de la revue. Après une revue des données épidémiologiques les plus récentes dans le monde y compris - point notable - dans les DOM-TOM, une large place a été consacrée aux aspects cliniques et diagnostiques de la lèpre : des travaux originaux (diversité des dermatoses associées à la lèpre, étiologies des hypochromies en milieu dermatologique, lèpres auto-excoriées) alternent avec des exposés plus didactiques (la neuropathie lépreuse vue par un neurologue, les granulomatoses, etc.). La recherche est également à l’honneur, au travers d’une revue de la littérature très complète avec, notamment, la découverte récente et importante de ce qui semble bien être une mycobactérie originale, distincte de M. leprae et susceptible d’être à l’origine de la classique forme « de Lucio ». L’ulcère du Buruli n’a pas été oublié, avec notamment un exposé très pratique sur le pansement au cours de cette affection par définition ulcérante

Tout récemment, une lettre du Dr Pannikar (ancien haut responsable du programme de lutte contre la lèpre de l’OMS) adressée à la sympathique Leprosy mailing list du Dr Noto mettait en exergue un nouveau péril menaçant, selon lui, la lutte contre la lèpre : le déficit prochain, quasi annoncé, en expertise concernant cette maladie – s’il n’est déjà parfois, malheureusement, avéré en certains lieux. A son niveau et depuis son origine, le BALLF a toujours voulu combattre cette désaffection : nous espérons que le contenu du présent numéro contribuera à cette mission. Il serait à notre avis heureux que d’autres prises de conscience – à tous les niveaux – fassent suite aux craintes ainsi exprimées.

Antoine Mahé